Sociologie économique

La naissance de la sociologie est indissociable de l’avènement de la modernité démocratique et de la révolution industrielle qui ont engendré une réflexion fondamentale de la part des auteurs classiques sur les relations entre économie et société. Confrontée aux mutations contemporaines, cette orientation de recherche retrouve une actualité qui se manifeste par le renouveau de la sociologie économique que l’on peut définir comme la perspective sociologique appliquée aux faits économiques.

Face à une définition restrictive qui identifie l’activité économique au fait d’économiser, les sociologues insistent sur la diversité de l’&activité économique organisée selon des normes différentes dans l’espace et le temps, influencés par des institutions économiques et non économiques. Cette formulation est prolongée par Polanyi, quand il distingue les significations formelle et substantive de l’économie. L’économie formelle désigne le choix rationnel opéré sous conditions de rareté alors que l’économie substantive désigne l’ensemble des actions dérivées de la dépendance de l’homme vis-à-vis de la nature et de ses semblables. Dans l’acception formelle de l’économie, l’acteur opte pour des usages alternatifs de moyens rares alors que sans l’acception substantive la signification de l’action est construite historiquement et doit être recherchée empiriquement.

La sociologie économique, selon le terme utilisé par exemple par Durkheim et Webern émerge donc pour se démarquer d’un paradigme néo-classique dans lequel les préférences de l’individu comme les moyens dont il dispose sont considérés comme des données et dans lequel ses comportements relèvent d’une action individuelle intéressée. Sans nier la rationalité utilitaire, il s’agit de l’englober dans une acception de l’économie qui ne s’y réduit pas et d’affirmer que l’activité économique peut être étudiée comme une activité sociale. Il est possible de dire que la sociologie économique se caractérise en particulier par une ouverture plus large que l’économie orthodoxe sur au moins trois registres : approche de l’action économique, conception de l’acteur, relation à la société.

les ouvrages
Les ouvrages
les articles
Les articles
les chapitres
Les chapitres
les revues
Les revues

Partenaires


Jean-Louis Laville

Jean-Louis Laville est professeur du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris (Cnam), où il est titulaire de la Chaire «Économie Solidaire». Il est également chercheur au Lise (Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique, CNRS-Cnam), à l’IFRIS (Institut Francilien Recherche Innovation Société) et au Collège d’études mondiales – Fondation Maison des Sciences de l’Homme où il dirige le programme d’études « Démocratie et économie plurielles ».
Impliqué dans de nombreux réseaux de recherche internationaux, il est membre du conseil d’administration du Karl Polanyi Institute of Political Economy, membre fondateur du réseau européen EMES (qui étudie l’économie solidaire, l’économie sociale, et le tiers-secteur) et du réseau sud-américain RILESS (Réseau de Chercheurs Latino-américains sur l’Économie Sociale et Solidaire).
Il est régulièrement invité dans plusieurs universités (Barcelone, Buenos Aires, Quito, Louvain-la-Neuve, Porto Alegre, Salvador de Bahia…) et est associé à des laboratoires de recherche étrangers tels que le CRIDIS (Centre de Recherche Interdisciplinaire, Louvain-la-Neuve) et le CRISES (Centre de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Humaines et Sociales, Montréal).